SALON DU LIVRE JEUNESSE – NOVEMBRE 2005

 

Texte diffusé sur la liste académique des documentalistes en février 2006 :

 

 Les trois livres que je vous propose, ont un point commun : la famille Séchan dont le représentant le plus connu est Renaud.

1) Chez Actes Sud junior, un livre CD "Le petit oiseau qui chantait faux" écrit et lu par le célèbre chanteur.

Ce petit oiseau qui chantait faux ne trouvait pas preneur dans l'animalerie où il était. Une mamie l'achète pour sa petite fille sourde mais celle-ci s'en désintéresse assez vite. Que va devenir notre oiseau ? Qui voudra bien l'adopter alors qu'il chante comme une casserole ? Va-t-il réussir à trouver sa voix (voie) ?

Une très belle histoire, simple et poétique mais j'ai du parti pris, j'adore Renaud ! Il était présent au salon du Livre jeunesse à Montreuil et j'ai eu une dédicace !!!

Bon j'arrête de faire la fan... J'ai beaucoup aimé ce livre et encore plus le CD avec la voix de Renaud. On reconnaît bien la "patte" du chanteur engagé qui a même trouvé le moyen de glisser dans le récit une dénonciation de la corrida. 

 

2) Dans la famille Séchan, je demande le père et le fils.

Pour tous ceux dont l'enfance a été bercée par le Club des cinq ou Oui-Oui (c'est mon cas ! Je suis devenue documentaliste grâce à Enid Blyton !!), je recommande la lecture de "Le club des Cinq, Fantômette; Oui-Oui et les autres" de Armelle Leroy (aucun lien de parenté avec moi, je vous assure !) et Laurent Chollet, Hors collection éditions.

Ce livre retrace l'histoire des Bibliothèques rose et verte, dresse un portrait de ces principaux héros et de leurs auteurs souvent méconnus.

D'où l'allusion à Olivier et Thierry Séchan, le père et le frère de Renaud. Olivier a traduit quelques "Bennett", écrit les aventures de Luc et Martine et quelques autres récits de la Bibliothèque Rose (dont la série des 6 compagnons après la mort de Jacques Bonzon). Thierry Séchan, quant à lui, a écrit chez Idéal Bibliothèque, "Sissi la sauvageonne" et "Sissi à Venise" et 15 volumes de la série Walt Disney.

 

3) La petite dernière de la famille Séchan : Lolita. Cela ne nous rajeunit pas…25 ans déjà.

Elle vient de sortir « Les cendres de maman », édition les 400 coups (Québec).

« Un livre pour faire peur aux enfants ». Et bien c’est réussi…

Quand Mia rentre chez elle, elle est bouleversée car sa mère n’est pas là. Elle découvre des traces de suie et comprend qu’elle a été enlevée par le Ramoneur. Mia s’engouffre alors dans la cheminée à la recherche de sa mère. Elle débouche dans une immense gare où elle rencontre Lemon et son chat Bartok qui vont l’aider dans sa quête.

Je ne peux pas dire que j’ai aimé cette histoire fantastique et très bizarre mais je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé non plus. Ce récit a un petit goût d’Alice au pays des merveilles mais alors, un goût  acide…Les illustrations ajoutent encore à la noirceur de l’histoire. Je ne suis pas sûre d’avoir bien compris le message caché (s’il y en a un) : j’ai entendu certains dire que la maman avait en fait un amant (????).

Mia prononce juste cette phrase « J’ai compris que l’amour ça ne s’impose pas…Que quand on aime quelqu’un, il faut lui laisser sa liberté ». 

 

 

Autre découverte : Encyclopédie des grands écrivains pour les petits lecteurs de Buvard et Pécuchet (alias Manuela Morgaine et Claire Dubois), Editions Le Baron Perché.

Les deux frères jumeaux, Buvard et Pécuchet explorent les rayons de la bibliothèque et découvrent 26 grands écrivains. On y apprend que Dumas travaillait avec des « nègres » pour écrire plus vite, ou que Balzac faisait pousser des ananas…On se plonge dans les œuvres de Kafka : Pécuchet doit sortir son frère, Buvard d’un mauvais rêve où il se prenait pour un insecte ! On n’échappe pas à l’épisode de la madeleine de Proust mais comme le dit si bien Buvard après avoir fini son paquet de gâteaux : « Sans imagination, les biscuits, ça ne fait pas se souvenir ! ».Chaque chapitre se termine ainsi, par une courte réflexion sur le métier d’écrivain.

J’aime beaucoup celle-ci qui clôt les pages sur Lewis Carroll : « les écrivains nous mettent parfois la tête à l’envers pour qu’on voie plus loin, bien plus loin que le bout de notre nez. »

Un livre pour (re)découvrir de manière amusante et originale les auteurs de la littérature classique et qui a tout à fait sa place dans nos CDI.

 

 

Pour finir : Entretiens de Jean-Baptiste Coursaud, éditions Thierry Magnier.

Jean-Baptiste Coursaud a rencontré six auteurs de littérature jeunesse : Jeanne Benameur, Shaïne Cassim, Arnaud Cathrine, Cédric Erard, Jean-Paul Nozière et Marie-Sabine Roger.

Chacun d’entre eux nous fait entrer, à sa manière, dans le mystère de l’écriture…

Jeanne Benameur revient particulièrement sur son enfance en Algérie et la part d’autobiographie que l’on peut trouver dans ses ouvrages comme « Ca t’apprendra à vivre ».  

Shaïne Cassim  dit ne pas aimer parler de ses livres : « tout est déjà dans mon livre » et se trouve mal à l’aise face à la lectrice qui lui confie que son livre l’a empêchée de se suicider. J.B.Coursaud la questionne ensuite sur les personnages de ses romans dont les noms sont toujours signifiants. L’auteur nous explique alors l’origine de son propre nom et un coin du voile se soulève

Les auteurs reviennent aussi sur leur parcours. Jean-Paul Nozière avouera même qu’il y a plusieurs livres qu’il ne propose plus dans sa bibliographie : « je n’ai pas envie qu’un ado, qui ne va lire qu’un roman de moi, tombe sur un livre qui, soit ressemble à un millier d’autres dans le même genre, soit n’est pas écrit du tout. » En connaissez-vous beaucoup des auteurs qui font preuve de cette honnêteté ?

Six entretiens très riches, où l’on parle de littérature tout court, d’écriture, de la personne qui se cache derrière l’auteur, de ses angoisses, des thèmes que l’on peut aborder ou non en littérature jeunesse…Passionnant !